
L’évolution des modes de vie et les nouvelles exigences esthétiques transforment radicalement l’approche de la conception culinaire moderne. De nombreux propriétaires remettent aujourd’hui en question la nécessité d’installer une hotte traditionnelle, privilégiant des solutions plus discrètes et innovantes. Cette tendance s’explique par la recherche d’espaces épurés, l’optimisation de l’espace disponible et l’émergence de technologies alternatives performantes. Les professionnels de l’aménagement intérieur constatent une augmentation de 35% des demandes pour des cuisines sans hotte traditionnelle depuis 2022. Cette approche nécessite toutefois une réflexion approfondie sur les systèmes de ventilation et de purification d’air pour maintenir un environnement sain et confortable.
Systèmes de ventilation naturelle par fenêtres et ouvertures stratégiques
La ventilation naturelle constitue la première alternative à considérer lors de l’aménagement d’une cuisine sans hotte. Cette approche exploite les principes physiques de circulation d’air pour évacuer naturellement les vapeurs et odeurs de cuisson. L’efficacité de ce système repose sur la création de courants d’air traversants qui permettent un renouvellement constant de l’atmosphère intérieure. Les architectes spécialisés recommandent un positionnement stratégique des ouvertures pour maximiser l’effet de tirage naturel.
Le dimensionnement des ouvertures joue un rôle crucial dans l’efficacité du système. Une fenêtre de cuisine doit représenter au minimum 10% de la surface au sol de la pièce pour assurer un renouvellement d’air suffisant. Les fenêtres oscillantes offrent un contrôle précis du débit d’air entrant, permettant d’ajuster la ventilation selon les besoins de cuisson. Cette flexibilité s’avère particulièrement précieuse lors de préparations générant beaucoup de vapeur ou d’odeurs persistantes.
Installation d’extracteurs d’air ponctuels soler & palau VMP
Les extracteurs ponctuels représentent une solution technique éprouvée pour compléter la ventilation naturelle. Le modèle Soler & Palau VMP se distingue par sa capacité d’extraction de 185 m³/h tout en maintenant un niveau sonore inférieur à 26 dB(A). Ces unités compactes s’intègrent discrètement dans les murs ou plafonds, préservant l’esthétique épurée recherchée. Leur installation nécessite un perçage de 100 mm de diamètre et un raccordement électrique standard.
L’efficacité de ces extracteurs dépend largement de leur positionnement stratégique. Il convient de les installer en partie haute de la cuisine, idéalement à l’opposé de l’arrivée d’air frais pour créer un flux traversant optimal. La présence d’un détecteur d’humidité intégré permet un fonctionnement automatique, activant l’extraction dès que le taux d’hygrométrie dépasse 65%. Cette automatisation garantit une gestion optimale de l’atmosphère sans intervention manuelle.
Optimisation des courants d’air transversaux cuisine-séjour
L’aménagement d’espaces ouverts facilite grandement la mise en place de courants d’air transversaux efficaces. Cette configuration permet une dilution naturelle des vapeurs de cuisson dans un volume d’air plus important. Les études aérauliques démontrent qu’une cuisine ouverte sur un séjour multiplie par 2,5 le volume d’air disponible pour la dilution des polluants. Cette approche s’avère particulièrement efficace pour les cuissons quotidi
ennes à faible émission de fumées. Pour renforcer l’efficacité de ces courants d’air transversaux, vous pouvez synchroniser l’ouverture d’une fenêtre de cuisine et d’une fenêtre opposée dans le séjour, créant ainsi un véritable « effet cheminée ». Dans les projets de rénovation, il est souvent pertinent de redimensionner ou déplacer une ouverture afin d’aligner la zone de cuisson avec l’axe principal de ventilation naturelle. Une attention particulière doit également être portée aux portes intérieures : des passages trop étanches peuvent casser le flux d’air et réduire l’intérêt d’une cuisine ouverte sans hotte.
Positionnement des grilles d’aération haute et basse
Dans une cuisine sans hotte, le positionnement des grilles d’aération haute et basse devient un levier de performance essentiel. Les grilles basses, idéalement placées à moins de 30 cm du sol, permettent l’arrivée d’air neuf, tandis que les grilles hautes, situées à plus de 1,80 m, favorisent l’évacuation de l’air chaud chargé de vapeurs de cuisson. Ce différentiel de hauteur exploite naturellement la stratification thermique : l’air chaud monte, l’air frais descend.
Pour une efficacité optimale, il est recommandé de placer la grille haute à proximité de la zone de cuisson, sans toutefois la positionner directement au-dessus pour éviter les encrassements rapides. La grille basse peut, quant à elle, être connectée à un volume tampon (entrée, cellier, séjour) afin de mutualiser la ventilation du logement. Vous veillerez également à choisir des modèles de grilles facilement démontables pour permettre un nettoyage régulier, indispensable dans une cuisine sans hotte traditionnelle.
Les fabricants proposent aujourd’hui des grilles d’aération design en aluminium anodisé ou en acier laqué, bien loin des modèles basiques blancs d’autrefois. Elles peuvent être intégrées dans un soubassement de meuble, dans une plinthe ou dissimulées dans un coffrage décoratif, ce qui permet de concilier performance de ventilation et esthétique épurée. Pensez enfin à vérifier leur débit nominal et la présence éventuelle de clapets réglables pour adapter le passage d’air selon les saisons.
Calcul du débit d’air nécessaire selon norme NF DTU 68.3
Aménager une cuisine sans hotte ne signifie pas faire l’impasse sur le dimensionnement aéraulique. La norme NF DTU 68.3 encadre les systèmes de ventilation des bâtiments d’habitation et fournit des repères précis pour calculer le débit d’air nécessaire. Pour une cuisine, le débit minimal réglementaire en ventilation mécanique simple flux est généralement de 45 à 90 m³/h, mais dans le cadre d’une cuisine sans hotte, viser la fourchette haute est souvent judicieux.
La méthode la plus courante consiste à multiplier le volume de la pièce (surface x hauteur sous plafond) par un taux de renouvellement d’air horaire. Pour une cuisine ouverte sur séjour, ce taux se situe entre 10 et 15 renouvellements d’air par heure lors des périodes de cuisson intensive. Ainsi, pour un espace de 35 m² avec 2,5 m de hauteur sous plafond (soit 87,5 m³), on recommandera un débit ponctuel de 875 à 1 300 m³/h en cumul ventilation naturelle + extracteurs, lors des pics de cuisson.
Ce calcul peut sembler théorique, mais il sert de base pour choisir le nombre et la puissance des extracteurs, la section des grilles d’aération ou la taille des ouvertures. Comme pour un système de chauffage, surdimensionner légèrement est préférable à une installation sous-dimensionnée qui laissera persister odeurs et humidité. En cas de doute, un bureau d’études thermiques ou un installateur RGE pourra affiner le dimensionnement en tenant compte de la configuration précise de votre logement et de la réglementation RT2020.
Technologies d’épuration d’air par plasma et ionisation
Au-delà de la simple évacuation de l’air, les technologies d’épuration par plasma et ionisation apportent une réponse innovante pour une cuisine sans hotte. Ces systèmes ne se contentent pas de déplacer les odeurs : ils transforment ou capturent les particules et composés organiques volatils (COV) à l’échelle moléculaire. C’est un peu comme passer d’un simple balai à un aspirateur avec filtre haute performance pour l’air de la cuisine.
Basés sur des principes proches de ceux utilisés dans le secteur médical ou aéronautique, ces purificateurs neutralisent bactéries, spores, fumées et micro-gouttelettes de graisse. Ils sont particulièrement adaptés aux cuisines ouvertes sur salon où l’on souhaite limiter au maximum la propagation des odeurs de cuisine. Leur intégration dans un projet de cuisine sans hotte demande toutefois de réfléchir au bon dimensionnement par rapport au volume de la pièce et à la fréquence de cuisson.
Purificateurs d’air dyson pure Hot+Cool avec filtration HEPA
Les purificateurs d’air Dyson Pure Hot+Cool combinent ventilation, chauffage d’appoint et filtration HEPA 13, ce qui en fait des alliés polyvalents dans une cuisine sans hotte. Leur système de filtration multicouche capture jusqu’à 99,95 % des particules ultrafines de 0,1 micron, incluant fumées, allergènes et microparticules de graisse. Grâce à une diffusion de l’air à 350°, l’air filtré est redistribué de manière homogène dans la pièce.
Dans une cuisine ouverte, on positionnera idéalement l’appareil à mi-distance entre la table de cuisson et la zone de vie principale, afin de filtrer efficacement l’air sans gêner la circulation. La fonction de suivi en temps réel de la qualité de l’air (PM2,5, PM10, COV) permet de visualiser l’impact des sessions de cuisson et d’ajuster la puissance en conséquence. C’est un peu l’équivalent d’un « tableau de bord » pour l’air intérieur, particulièrement utile lorsque l’on a choisi d’aménager une cuisine sans hotte conventionnelle.
Bien qu’un purificateur ne remplace pas totalement un dispositif d’extraction mécanique, il constitue une solution complémentaire très intéressante pour traiter les odeurs persistantes et les polluants fins. Vous veillerez néanmoins à respecter le calendrier de remplacement des filtres pour maintenir les performances annoncées ; dans la plupart des cas, un changement tous les 12 mois est recommandé pour un usage quotidien.
Ioniseurs airvia medical pro 150 pour élimination des graisses
Les ioniseurs Airvia Medical Pro 150 se distinguent par une technologie d’ionisation bipolaire couplée à une filtration multistage, spécifiquement efficace contre les aérosols de graisse et les odeurs de cuisson. En générant des ions négatifs et positifs, l’appareil agglomère les particules en suspension qui deviennent plus lourdes et sont ensuite piégées dans les filtres internes. Ce processus rappelle la façon dont un orage électrique « nettoie » l’atmosphère en chargeant électriquement les particules.
Conçu à l’origine pour des environnements médicaux et tertiaires, le Airvia Medical Pro 150 trouve naturellement sa place dans une cuisine sans hotte sollicitée quotidiennement. Son débit d’air purifié, pouvant atteindre 520 m³/h, est suffisant pour des pièces jusqu’à 60 m², ce qui couvre la plupart des configurations de cuisines ouvertes. L’appareil fonctionne à un niveau sonore modéré, permettant une utilisation continue en arrière-plan pendant et après la cuisson.
Pour optimiser son rendement, on veillera à le placer à une hauteur de 50 à 100 cm, sans obstacle direct devant la sortie d’air. Dans les projets haut de gamme, il est possible de l’intégrer dans un coffrage ou un meuble technique avec une grille de soufflage, afin de conserver une esthétique minimaliste tout en profitant d’une purification d’air avancée. La maintenance se limite principalement au nettoyage et au remplacement périodique des filtres, beaucoup moins contraignant que le dégraissage d’une hotte traditionnelle.
Systèmes plasma froid airocide pour destruction moléculaire
Les systèmes plasma froid Airocide utilisent une technologie développée par la NASA pour la décontamination de l’air dans les environnements confinés. Contrairement aux filtres classiques, ces appareils n’attrapent pas simplement les polluants : ils les détruisent par oxydation catalytique avancée au sein d’une chambre à plasma froid. Les COV, odeurs de cuisson et micro-organismes sont ainsi transformés en molécules inoffensives comme le dioxyde de carbone et la vapeur d’eau.
Dans le cadre d’une cuisine sans hotte, cette approche « destruction moléculaire » est particulièrement intéressante pour gérer les odeurs tenaces issues de cuissons à forte odeur (poissons, fritures, épices). Un appareil Airocide GCS-50, par exemple, est dimensionné pour traiter en continu le volume d’une grande pièce de vie ouverte. L’absence de rejet d’ozone et la certification médicale de certains modèles rassurent également les utilisateurs les plus attentifs à la qualité de l’air intérieur.
Le fonctionnement silencieux et l’absence de filtres à remplacer fréquemment constituent un avantage notable par rapport à d’autres solutions. Les unités nécessitent cependant une alimentation électrique dédiée et un emplacement permettant une bonne circulation de l’air autour de l’appareil. Comme pour tout système avancé, l’investissement initial est plus élevé, mais il se justifie dans des projets de cuisines design haut de gamme où l’on souhaite concilier esthétique sans hotte et performance sanitaire.
Intégration murale des unités de traitement d’air
L’une des clés du succès d’une cuisine sans hotte réside dans l’intégration discrète des unités de traitement d’air. Plutôt que de poser un purificateur au sol, il est souvent préférable de prévoir, dès la conception, des niches murales ventilées ou des coffrages techniques. Ces espaces peuvent accueillir un purificateur Dyson, un ioniseur Airvia ou une unité Airocide, tout en laissant visibles uniquement des grilles design assorties au reste de la cuisine.
On veillera à respecter quelques règles simples : prévoir une arrivée électrique dédiée, garantir une section de passage d’air suffisante en façade et en reprise, et faciliter l’accès pour la maintenance. Un coffrage en médium peint, doté de panneaux perforés ou de lames ajourées, permet par exemple de dissimuler complètement l’appareil tout en assurant le flux nécessaire. Cette approche s’apparente à l’intégration d’un climatiseur gainable, mais appliquée à la qualité de l’air culinaire.
Dans les cuisines sans meuble haut, l’intégration murale peut aussi se faire au niveau d’un mur technique plein, en alignement avec les colonnes four ou réfrigérateur. L’objectif est de faire disparaître visuellement les équipements de traitement d’air pour préserver la pureté des lignes, tout en offrant des performances de purification équivalentes, voire supérieures, à une hotte haut de gamme. Cette stratégie renforce la cohérence globale entre design minimaliste et confort d’usage quotidien.
Solutions de recyclage d’air par filtration multicouche
Pour les projets où l’évacuation vers l’extérieur est difficile, les solutions de recyclage d’air par filtration multicouche constituent une alternative crédible à la hotte de cuisine classique. Ces systèmes fonctionnent en circuit fermé : l’air vicié est aspiré, filtré à travers plusieurs médias (graisses, odeurs, particules fines) puis réintroduit dans la pièce. On se rapproche ainsi du principe d’une hotte à recyclage, mais avec des performances et une modularité supérieures.
Les modules de filtration multicouche combinent généralement un filtre à graisse métallique ou synthétique, un filtre à charbon actif haute capacité et parfois un filtre HEPA. Cette superposition agit comme un « tampon » successif pour capturer les différents types de polluants générés dans une cuisine sans hotte traditionnelle. Bien dimensionnés, ces systèmes peuvent atteindre des taux de réduction d’odeurs supérieurs à 90 % après quelques minutes de fonctionnement.
On distingue deux grandes familles de solutions : les modules intégrés dans le mobilier (plinthes, socles d’îlot, colonnes techniques) et les unités apparentes compactes positionnées en périphérie de la zone de cuisson. Dans le premier cas, l’air est capté au ras du sol ou des façades de meubles, traité, puis rejeté discrètement via des grilles basses. Dans le second, des bornes design, parfois éclairantes, assurent à la fois une fonction décorative et de traitement de l’air.
Pour garantir une efficacité durable, la maintenance des filtres est un point central. Comptez un nettoyage mensuel du filtre à graisse (souvent lavable au lave-vaisselle) et un remplacement du charbon actif tous les 6 à 12 mois selon l’intensité de cuisson. Une astuce consiste à synchroniser ces opérations avec l’entretien saisonnier de la VMC ou du système de chauffage, afin de garder un logement globalement sain tout au long de l’année.
Aménagement spatial anti-odeurs et circulation d’air optimisée
Au-delà des équipements, l’organisation même de l’espace influe fortement sur le confort d’une cuisine sans hotte. En jouant sur l’implantation de l’îlot, la position des ouvertures et le choix des matériaux, vous pouvez réduire naturellement la perception des odeurs de cuisson. On pourrait comparer cela à la conception d’un jardin : l’articulation des espaces, des vents dominants et des obstacles conditionne l’ambiance globale.
Un aménagement réussi cherchera à éloigner la zone de cuisson des zones de repos (canapé, coin lecture) et à la rapprocher des points d’évacuation potentiels (fenêtres, baies vitrées, portes-fenêtres). La circulation de l’air doit suivre une logique intuitive : arriver depuis les espaces « propres » (séjour, entrée) et se diriger vers les espaces « pollués » (cuisine, coin cuisson) avant d’être évacuée. Cette réflexion en amont évite de devoir compenser ensuite par des solutions techniques coûteuses.
Positionnement îlot central face aux ouvertures dominantes
Dans une cuisine sans hotte avec îlot central, le positionnement de la table de cuisson est déterminant. Installer la plaque sur un îlot aligné avec une grande baie vitrée ou une porte-fenêtre permet de profiter d’une ventilation naturelle directe. Lors des cuissons odorantes, il suffit d’ouvrir légèrement l’ouverture dominante et une fenêtre opposée pour créer un flux d’air qui balaye l’îlot et entraîne les vapeurs vers l’extérieur.
Il est toutefois important d’éviter les courants d’air trop violents qui pourraient perturber les flammes d’une plaque gaz ou refroidir excessivement les surfaces. Un recul de 80 à 120 cm par rapport à la baie, ainsi qu’un léger décalage latéral, permettent en général d’obtenir un bon compromis entre efficacité et confort. Dans les cuisines très vitrées, on prendra également en compte la trajectoire du soleil pour éviter les reflets gênants sur une plaque vitrocéramique ou induction.
Pour une intégration encore plus aboutie, certains concepteurs de cuisines prévoient un alignement visuel entre l’îlot et un axe de circulation d’air (fenêtre, porte intérieure, cage d’escalier ouverte). Cette colonne d’air virtuel devient alors un élément structurant du projet, au même titre que les lignes de lumière ou les perspectives visuelles. Une cuisine sans hotte y gagne en cohérence, en confort et en perception d’espace.
Matériaux absorbants : panneaux acousmat et revêtements microporeux
Le choix des matériaux joue également un rôle dans la gestion des odeurs et du confort acoustique d’une cuisine sans hotte. Les panneaux acoustiques type Acousmat, souvent constitués de fibres minérales ou végétales habillées de tissus techniques, absorbent non seulement le bruit mais limitent aussi la réverbération des odeurs sur les surfaces. En limitant les échos sonores, ils réduisent la sensation de « brouillard » culinaire après une grosse session de cuisson.
Sur les murs proches de la zone de cuisson, des revêtements microporeux et lessivables, comme certaines peintures minérales ou enduits à base de chaux, favorisent une meilleure régulation hygrométrique. Ils laissent respirer les parois tout en limitant l’imprégnation durable des odeurs de cuisine. C’est un peu comme choisir un textile technique respirant plutôt qu’un matériau plastique imperméable : l’air circule mieux, l’humidité s’évacue plus rapidement.
Dans les projets haut de gamme, on peut aussi combiner ces matériaux avec des plafonds tendus micro-perforés, capables d’intégrer discrètement des absorbants acoustiques et des grilles de ventilation. L’ensemble crée un « plafond technique » qui participe à la fois à la qualité sonore, à la gestion de l’air et à l’esthétique minimaliste d’une cuisine sans hotte apparente. Veillez toutefois à utiliser des matériaux certifiés pour un usage en pièces humides ou semi-humides.
Architecture ouverte cuisine-salon pour dilution naturelle
L’architecture ouverte cuisine-salon est l’un des atouts majeurs pour réussir une cuisine sans hotte. En augmentant considérablement le volume d’air disponible, elle permet une dilution naturelle des odeurs de cuisson, un peu comme une goutte de colorant se disperse plus rapidement dans un grand volume d’eau. Pourtant, cette ouverture doit être maîtrisée pour éviter que les odeurs ne se concentrent dans certaines zones.
Une bonne pratique consiste à créer des « zones tampon » entre la cuisine et les espaces de détente, par exemple un coin repas, un bar ou une bibliothèque ajourée. Ces éléments servent à la fois de séparation visuelle et de filtre psychologique, tout en laissant l’air circuler librement. Leur hauteur et leur porosité doivent être étudiées pour ne pas bloquer les flux d’air issus des fenêtres ou des systèmes de ventilation.
Il peut aussi être intéressant de différencier les hauteurs sous plafond : un plafond légèrement plus bas au-dessus de la cuisine, combiné à des inserts de ventilation ou d’acoustique, aide à contenir et traiter les vapeurs avant qu’elles ne se diffusent trop largement. À l’inverse, un séjour cathédrale offre un volume tampon important où les odeurs se diluent rapidement. L’enjeu est donc de penser le duo cuisine-salon comme un seul et même système d’air, plutôt que comme deux pièces séparées.
Intégration plafonniers ventilateurs casafan eco neo III
Les plafonniers ventilateurs, tels que les modèles Casafan Eco Neo III, constituent une solution particulièrement intéressante pour renforcer la circulation d’air dans une cuisine sans hotte. Leur double fonction éclairage + brassage d’air permet de créer un mouvement doux et continu qui pousse les odeurs vers les zones d’extraction naturelle ou mécanique. Avec une consommation électrique très faible (moteur DC) et un niveau sonore réduit, ils peuvent fonctionner plusieurs heures sans gêner les occupants.
Installé au-dessus de la zone de repas ou au centre de l’espace cuisine-salon, un ventilateur de plafond permet de casser les poches d’air stagnant où les odeurs ont tendance à se concentrer. En hiver, la fonction « reverse » (inversion de sens de rotation) permet de plaquer l’air chaud vers le bas tout en évitant les courants d’air désagréables. Vous pouvez ainsi améliorer le confort thermique et olfactif de votre cuisine sans ajouter d’appareils visibles supplémentaires.
Lors de l’installation, il convient de respecter une distance suffisante entre les pales et les meubles hauts ou les suspensions décoratives, afin de ne pas perturber le flux d’air. Un diamètre de 132 à 142 cm est généralement adapté aux pièces de 20 à 35 m², tandis qu’un modèle plus compact conviendra aux petites cuisines ouvertes. Couplé à une commande murale ou à une télécommande, le Casafan Eco Neo III s’intègre facilement dans les scénarios domotiques existants (scènes « cuisine », « soirée », etc.).
Équipements de cuisson à évacuation intégrée et tables aspirantes
Pour ceux qui souhaitent s’affranchir d’une hotte suspendue tout en conservant une extraction efficace, les équipements de cuisson à évacuation intégrée représentent une solution de plus en plus plébiscitée. Les tables aspirantes, comme les systèmes BORA, intègrent un dispositif d’aspiration directement au niveau de la plaque, captant les vapeurs et graisses à la source avant qu’elles ne se dispersent dans la pièce. Cette approche « à la source » change radicalement la donne dans l’aménagement d’une cuisine sans hotte.
Les fabricants proposent des systèmes à évacuation vers l’extérieur ou à recyclage haute performance avec filtres à charbon longue durée. Dans le premier cas, un réseau de gaines discret est acheminé sous le plan de travail, dans le socle des meubles ou sous le plancher pour rejoindre une sortie en façade. Dans le second, l’air est filtré puis renvoyé dans la pièce, ce qui évite de perforer l’enveloppe thermique du bâtiment, un point particulièrement sensible en RT2020.
Les performances annoncées par ces tables aspirantes rivalisent désormais avec celles des meilleures hottes murales, avec des débits pouvant atteindre 650 à 700 m³/h et des niveaux sonores maîtrisés grâce à des moteurs déportés dans les plinthes. L’absence de hotte en hauteur libère la vue, facilite la communication autour de l’îlot et permet des compositions de cuisine très épurées, plébiscitées dans les projets contemporains. La contrepartie réside dans un coût d’acquisition plus élevé et une intégration technique qui nécessite l’intervention d’un cuisiniste expérimenté.
Au-delà de BORA, de nombreux fabricants (Siemens, Neff, Miele, Elica, etc.) ont développé leurs propres gammes de tables avec hotte intégrée, offrant ainsi un large éventail de designs et de budgets. Avant de faire votre choix, il est important de vérifier la compatibilité avec votre type de cuisson (induction, gaz, vitrocéramique) et les contraintes d’encastrement (hauteur de caisson, volume disponible dans le meuble bas, type de ventilation souhaité). Intégrées intelligemment, ces solutions permettent de concilier une cuisine sans hotte apparente, un design minimaliste et une extraction réellement performante.
Réglementation thermique RT2020 et contraintes légales ventilation cuisine
Aménager une cuisine sans hotte doit enfin se faire dans le respect des cadres réglementaires, en particulier la réglementation environnementale RE2020 (souvent encore appelée RT2020 par abus de langage) et les normes relatives à la ventilation des logements. La RE2020 impose des bâtiments très performants sur le plan énergétique, ce qui implique des enveloppes plus étanches à l’air et donc une attention accrue à la qualité de la ventilation. Une cuisine sans hotte ne peut se concevoir qu’avec un système de renouvellement d’air global cohérent.
En France, la présence d’une ventilation générale et permanente est obligatoire dans les logements neufs, typiquement assurée par une VMC simple flux hygroréglable ou une VMC double flux. La hotte de cuisine, qu’elle soit présente ou non, n’est pas considérée comme un système de ventilation réglementaire mais comme un appoint. Autrement dit, vous avez le droit d’aménager une cuisine sans hotte, à condition que la ventilation réglementaire (bouches, conduits, entrées d’air) soit correctement dimensionnée et entretenue.
La norme NF DTU 68.3 et les arrêtés relatifs à l’aération des logements encadrent les débits minimaux à respecter dans les cuisines. Pour une cuisine équipée d’une plaque de cuisson, un débit minimal d’extraction continue (par la VMC) est exigé, généralement autour de 45 à 90 m³/h selon les configurations. Lors d’une rénovation lourde, il est donc indispensable de vérifier que l’absence de hotte est compensée par une ventilation générale efficace, éventuellement renforcée par des extracteurs ponctuels comme évoqué plus haut.
La RE2020 traite également de la question des ponts thermiques et de l’étanchéité à l’air. Percer une façade pour installer une hotte à évacuation peut dégrader la performance énergétique si le détail constructif n’est pas parfaitement maîtrisé. À ce titre, les solutions de cuisine sans hotte traditionnelle, s’appuyant sur le recyclage, l’ionisation ou les tables aspirantes à recyclage, offrent souvent un meilleur compromis entre confort d’usage et performance énergétique. Elles évitent de multiplier les percements dans l’enveloppe tout en maintenant une bonne qualité d’air intérieur.
Enfin, il convient de rappeler que certaines situations particulières (cuisines professionnelles, logements spécifiques, réglementations locales) peuvent imposer des exigences supplémentaires en matière de captation des fumées et de sécurité incendie. Pour un projet résidentiel standard, vous avez toutefois une grande liberté de conception, à condition de respecter les débits réglementaires de ventilation et de veiller à l’accessibilité des dispositifs pour l’entretien. Une cuisine sans hotte réussie est donc d’abord une cuisine bien ventilée, pensée comme un système global où chaque élément – ouvertures, VMC, purificateurs, aménagement – joue un rôle complémentaire.